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CAYENNE - Le président de la région Guyane Antoine Karam (Parti socialiste guyanais) a opposé un non définitif mardi soir sur RFO à la proposition que lui a faite le gouvernement de baisser la taxe régionale sur le carburant, que se partagent les collectivités locales.
"Ma décision de ne pas toucher à la taxe sur les carburants est définitive", a affirmé M. Karam.
Le secrétaire d'Etat à l'Outre-Mer Yves Jégo avait demandé à M. Karam de diminuer de 20 centimes cette taxe afin d'arriver à une baisse totale de 50 centimes sur le litre de carburant, réclamée par un mouvement de protestation rassemblant associations d'usagers et socio-professionnels et qui paralyse toute la Guyane depuis le 24 novembre par des barrages routiers.
Vendredi, une négociation entre le gouvernement et Total, actionnaire majoritaire de la Sara (Société anonyme de la raffinerie des Antilles) qui approvisionne la Guyane en carburant, avait permis de faire baisser le prix du litre de 30 centimes.
Yves Jégo avait proposé de compenser ce manque à gagner par 10 millions d'euros de subvention "le temps qu'une mission d'inspection rende son rapport sur le prix du carburant en Guyane". Le préfet de Guyane, Jean-Pierre Laflaquière, a déclaré à l'AFP que le rapport de cette mission, attendue en Guyane le 8 décembre, sera rendu "mi-février"
Au Sénat, Yves Jégo a affirmé mardi que ces 10 millions étaient "bien inscrits dans le projet de budget pour l'outre-mer" adopté dans la nuit de mardi à mercredi par les sénateurs.
Mardi soir sur RFO, au cours d'un débat en direct, le préfet a déclaré que "ces 10 millions surcompensent" le manque à gagner des collectivités pendant la durée de cette mission, au cas où elles baisseraient leur taxe. "Le coût total sur 3 mois est légèrement inférieur à 5 millions d'euros. Donc le gouvernement propose de compenser sur 6 mois", a-t-il ajouté.
Au cours de la même émission, Antoine Karam a rétorqué: "Les personnes qui sont sur les barrages ne souhaitent pas que la région touche à cette taxe sur les carburants. Car cela porterait préjudice, non pas sur les trois ou six mois qui viennent, mais après, car on ne sait pas après six mois ce qu'il va se passer".
Il a aussi indiqué que plusieurs contre-propositions co-signées avec son homologue du Conseil général, Alain Tien-Liong, devaient être "envoyées au gouvernement dans la nuit de mardi à mercredi". Il a ajouté vouloir "sortir" mercredi "de cette crise majeure pour un pays comme la Guyane".
(©AFP / 03 décembre 2008 07h24)
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